Historique

Mosquée de la Koutoubia

La mosquée est tout d’abord très ancienne : débutée en 1120 sous les Almoravides, la mosquée n’était pas orientée vers la Mecque. Le nouveau sultan Almohade, qui vient de conquérir Marrakech, décide de construire une nouvelle mosquée, correctement orientée. C’est donc surtout la dynastie des Almohades qui donneront sa splendeur à la mosquée à partir de 1162 et l’aspect que nous lui connaissons aujourd’hui.La construction avait été décidée par le sultan Abdel Moumen, et ne sera terminée que sous le règne de son petit-fils, Yacoub el-Mansour, en 1199. Le minaret de Marrakech inspirera par la suite d’autres constructions Almohades. Ce sont les Almohades qui ont également construit les deux autres splendides mosquées « sœurs » de la Koutoubia, similaires par leur minaret : le minaret (inachevé) de la mosquée Hassan de Rabat, la Tour Hassan et la Giralda de Séville, devenue partie intégrante de l’actuelle cathédrale.Le minaret, haut de 69 m (77 en comptant la flèche), surplombe la ville : on peut le voir de pratiquement partout. La mosquée représente bien la philosophie des Almohades, qui étaient une dynastie assez stricte : pas de décors foisonnants, pas d’extravagances, on reste dans la sobriété, tout en pierre de taille. Pour couronner le minaret, un « jamour », trois boules de cuivre, chacune représentant les hauts lieux saints de l’Islam : la Mecque, Médine et Jérusalem. Ok, il y en a 4, mais la quatrième boule, c’est la pointe.

Le nom de la Koutoubia est un dérivé de « kutubiyyun », le souk des libraires qui existait non loin de la mosquée, ce qui explique pourquoi on connaît aujourd’hui la Koutoubia également par son nom de « mosquée des libraires ». Je n’ai pas pu, en tant que touriste occidental non musulman, rentrer dans la mosquée. Je n’en avais pas non plus l’intention, on respecte ce lieu de prière ! En revanche je ne me suis pas privé pour admirer la beauté de l’édifice, vu du dehors.La décoration originale du minaret de la Koutoubia a pour beaucoup disparu. Elle était faite de faïences, aujourd’hui perdues, seules subsistent les carreaux de céramique blancs et verts que l’on peut voir en haut, qui réfléchissent si bien la lumière du soleil. La pierre de taille, rose, vient des carrières des collines de Guéliz. Chaque face du minaret est différente. J’ai eu du mal à comprendre qui avait été l’architecte de la mosquée. Certains disent que c’est l’andalou Gueber de Séville (Jabir ibn Aflah de son nom arabe), également responsable de la Giralda de Séville et de la tour Hassan, d’autres disent que c’est Ahmad Ben Baso, qui lui a bien été de la construction de la Giralda. Si vous voulez mon avis, les deux.Ce qu’on peut apprécier le plus, lorsque l’on vient des jardins de la Menara, c’est de regarder au bout de l’avenue de la Menara : on voit, en plein milieu, le minaret de la Koutoubia. Cette avenue de plusieurs kilomètres, qui se termine ainsi sur le plus beau des monuments, vaut la peine de marcher d’un bout à l’autre ! Pour ma part, étant d’origine ibérique, j’ai un peu eu l’impression de voir une partie de mon histoire à moi aussi, en regardant ce minaret : c’est de l’Art Hispano-mauresque, dans toute sa splendeur…

Le minaret de Koutoubia est visible de partout à Marrakech. De loin, on peut voir les trois boules de cuivre superposées au-dessus de la mosquée. Koutoubia est de couleur beige avec des carreaux de céramique verts et blancs. À côté de la mosquée, on trouve plein des petits jardins avec des orangers et des oasis. Le minaret sert de point de repère aux voyageurs perdus, sur ces terres planes, au pied de l’Atlas : on peut le voir à plus de 30 kms ! Le minaret est omniprésent, ne serait-ce que par l’appel à la prière que l’on peut entendre cinq fois par jours, fait par le muezzin.